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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 10:46

             L'enquête publique sur la protection du champ captant de Rombly s'est achevée 11 Mai 2011.

 

La bonne santé des populations est déterminée par deux critères fondamentaux :

ü La qualité de l’alimentation

ü La qualité de l’eau distribuée par le robinet

La création de périmètres de protection autour des captages d’eau, prévue à l’article L. 1321-1 du code de la santé publique, permet de s’assurer que l’eau est consommable et de prévenir les causes de pollution qui risquerait d’en altérer la qualité.  L’enquête publique réalisée actuellement, si elle aboutit, permettra de sauvegarder la qualité de l’eau de Rombly distribuée aux habitants d’Etaples, du Touquet, de Cucq et de Merlimont.

      La première loi sur l’eau de Décembre 1964 prévoyait de protéger les captages d’eau réalisés après cette date. La protection de tous les captages d’eau est rendue obligatoire par la seconde loi sur l’eau du 03 Janvier 1992. L’article 13-1 de la loi sur l’eau donnait 5 ans soit jusqu’au 05 Janvier 1997 pour la mise en place des périmètres... 14 ANNEES SE SONT ECOULEES !

      Dès Mars 1994, le Syndicat Intercommunal d’Adduction et de distribution d’eau potable de la Région du Touquet a demandé à Monsieur le Préfet du Pas de Calais l’instauration des périmètres de protection autour du champ captant de Rombly : Les services de l’Etat n’ont pas jugé utile de faire avancer la procédure, pourquoi ?

      Ces 17 années de laxisme ont permis le développement urbain à proximité du Rombly. Cette ineptie compromet à terme la préservation de la nappe, le commissaire-enquêteur Monsieur François DUCANDAS, lors de la révision du Plan Local d’Urbanisme de 2005, avait attiré par huit recommandations l’attention des élus étaplois dont une sur le sujet. Qu’importe la gabegie foncière s’est poursuivie…

      A nouveau, en 2001, le conseil municipal de la ville du Touquet engage la procédure de protection des périmètres de protection de Rombly. Il faut attendre le 24 Mai 2004  pour qu’enfin un arrêté préfectoral prescrive une enquête publique sur le sujet. Monsieur Gérard VALERI est nommé commissaire-enquêteur ; en Aout 2004 il émet un avis favorable sur les périmètres de protections.

      En juillet 2005, la Mission Inter-Service de l’Eau (MISE) informe la ville du Touquet que l’article L 1321-41 du code de la santé publique n’a pas été respecté, il faut revoir l’ensemble de la procédure.

      Nous sommes en Avril 2011, une nouvelle enquête a démarré.

      A l’annexe 2, chapitre II caractéristiques techniques/exploitation, le débit pris en compte pour réaliser les calculs est de 20 000 m3/j. Ce débit est en contradiction avec la demande en 2002 de la société anonyme des eaux du Touquet de créer et d’exploiter un champ captant sur la commune de la Calotterie afin de couvrir les besoins en eau potable en période estivale de la ville du Touquet. Le besoin en eau en période d’été est estimé par la société des eaux à 23000m3/j ; la société argumentait que le prélèvement dans le  champ captant de Rombly, situé dans la vallée de la Canche, ne peut dépasser 16000m3/j sans risquer l’intrusion d’eaux saumâtre dans l’aquifère. Existe-t-il une évolution du champ captant de Rombly qui permet, aujourd’hui, d’atteindre 20 000 m3/j ?

L’article L.1321-2 du code de la santé publique prévoit trois types de périmètres de protection : Périmètres de protection immédiate, rapprochée et éloignée. Le périmètre de protection éloignée est d’instauration facultatif, il correspond à la zone d’alimentation du captage d’eau et souvent à la surface de l’ensemble du bassin versant. Cette limite  aléatoire permet de renforcer la protection contre les pollutions permanentes ou diffuses.  Le choix de créer un périmètre de protection éloignée apparait judicieux, il permet de conduire ‘’à la mise en place du code de bonnes pratiques de l’agriculture’’… et il limite l’épandage d’engrais et de lisiers… Il appartient à l’Agence Régionale de Santé de contrôler les prescriptions prévues à l’intérieur des périmètres. A cet égard, il est surprenant que l’ARS autorise le champ d’épandage de la future station d’épuration de Lefaux à l’intérieur du périmètre éloigné et à proximité du périmètre rapproché, ce choix parait être en contradiction avec la recherche d’une protection efficace du champ captant : Existe-t-il des raisons particulière ?

            De même, il apparait anormal que la future déchèterie d’Etaples soit réalisée à proximité du périmètre immédiat du champ captant. Une pollution accidentelle pourrait contaminer très rapidement le périmètre de protection immédiate du champ captant : Des procédures spéciales de protection sont-elles envisagées ?

            En autre, la Départementale N°148 traverse les périmètres de protection immédiate et rapprochée du Rombly sur laquelle circule des poids lourds. Cette route forme une cuvette à l’intersection de la départementale et la voie de liaison de la zone industrielle du Valigot ; lors de forte de pluie cette dépression est régulièrement inondée. Les eaux de ruissellement en provenance D’Etaples et de Lefaux sont chargées en hydrocarbure ; ne serait-il pas nécessaire de prévoir un bassin de rétention des eaux pluviales et de réglementer l’usage de la route ? Des moyens techniques sont-ils envisagés afin de permettre l’évacuation des eaux pluviales vers le Valigot, vers la Canche ?

            Dans notre région, l’eau potable provient essentiellement de la nappe phréatique. Il apparait anormal que les besoins en eau de la ZAC des prés n’apparaissent pas clairement. Sur ce site le sommet du Turonien se situe entre 0,5 et 2 mètres du terrain naturel, la ‘’nappe de craie’’ présente de nombreux captages, elle est sensible et vulnérable aux pollutions humaines : Cette urbanisation ne risque-t-elle pas de compromettre à terme la qualité de la nappe de Rombly ?

 Plus grave le futur Opalopolis est ignoré, il sera construit sur l’emprise globale de la nappe phréatique de Rombly ; cette réalité n’est pas prise en compte : L’implantation d’entreprises grande consommatrice d’eau pourrait-elle avoir des conséquences sur la qualité de la nappe par une intrusion possible d’eau saumâtre selon le propos de la société des Eaux du Touquet en 2004.  Actuellement, VALEO tire du réseau d’eau de la  ville 10 000 M/3 an ; l’entreprise pompe dans la nappe 30 000 M3/an d’eau potable à usage industriel : Régulièrement le niveau de la nappe de prélèvement est mesuré par l’intermédiaire de cinq points piézométriques lors du dernier contrôle DEUX POINTS étaient à sec. Cette observation n’est-elle pas les prémices d’un phénomène de plus grande ampleur, les travaux d’urbanisation de la ZAC des prés peuvent-ils avoir une incidence sur les réserves en potable ?  

Une zone humide répertoriée, située sur la future emprise Opalopolis, n’est pas prise en compte ; cependant selon le rapport de la commission d’enquête publique pour le SAGE de la Canche, rendu en Janvier 2011, reconnait que la zone humide participe au bon fonctionnement de la nappe et recommande à la CLE le classement prioritaire de cette zone humide : cette exigence sera-t-elle retenue ?

L’urbanisation de la ZAC des Prés et l’emprise Opalopolis vont amputer une partie importante la surface d’infiltration des eaux de pluie ; la minéralisation de ces deux secteurs peut-elle à terme avoir des conséquences sur les autorisations de forages et sur la quantité d’eau tirée par VALEO sur le réseau ville ? 

  En conclusion le dossier d’enquête publique comporte de nombreuses interrogations qu’il serait souhaitable de lever.

 

 

 

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